[info] Fin de partie
C’est le jour du solstice d’été que Cruis citoyen a choisi pour tirer sa révérence, au sommet de l’arc solaire.
Pendant 6 ans, l’exercice de l’information auprès de cette mairie pour qui le mot ne suscite aucune résonance si ce n’est de la résistance, a été très intéressant. Mais toute chose a une fin et l’expérience s’arrête ici.
C’est un cadeau que nous offrons à notre maire pour son nouveau règne, qu’il recevra avec la bonne humeur qui le caractérise. Il faut voir ça comme un gage de confiance pour les années à venir… Nous serions certainement toujours utiles mais, sait-on jamais, les dernières recrues de l’équipe municipale pourraient impulser un renouveau auquel l’arrière-garde s’était refusée jusqu’ici.
A propos des élections, apparemment, entre les abstentions et les votes blancs ou nuls, l’équipe actuelle a obtenu le vote de 48,8% des inscrits, tandis que 20,4% manifestaient clairement leur désaveu par un vote irrecevable. On ne peut pas savoir ce que cachent les abstentions (environ 30%) mais il est évident que de nombreux votants ne se sont pas déplacés dans ce contexte de liste unique.
Nous avons de nombreux soutiens dans le village, qui auraient préféré nous voir continuer. Mais on a bien vu que l’activité de notre plate-forme a diminué au fil des ans. Depuis 2020 et la seconde version de ce site, après les élections d’alors, nous avons tout de même publié 157 articles, totalisant plus de 137 000 mots (environ 2 romans de bonne taille) : cela correspond à un certain travail, pour ne pas dire un travail certain. Nous avons bénéficié, en retour, de plus de 75 000 lectures d’articles, soit près de 500 lectures par article en moyenne, mais cette gratification n’enlève rien à l’effort. On n’écrit pas un article comme on parle… On se documente, puis on rédige. On y revient 10 fois, 20 fois. On peaufine. On fait le boulot correctement sinon ce n’est pas la peine. Certains articles ont demandé quelques heures, d’autres plusieurs jours, voire plusieurs semaines pour certains dossiers, reportages ou portraits.
C’est cet engagement à prendre la parole et à lui donner une forme correcte, sur des bases documentées et fiables, qui est maintenant épuisé.
Merci, en tout cas, à tous ceux qui nous ont lus, même à ceux qui dénoncent notre vision des choses – peut-être nos lecteurs les plus assidus. Cela donnait un sens à la démarche.
Le site restera consultable jusqu’au 25 juillet qui marquera son 6e anniversaire sous cette forme.
Nous vous disons donc au revoir, en d’autres lieux.
| Dernière heure
Nous vous laissons sur cette dernière actualité : la société Boralex, qui avait perdu en appel face à l’association Amilure sa dérogation espèces protégées, sans laquelle sa centrale tournait illégalement depuis sa mise en route à l’été 2024, a eu gain de cause auprès du Conseil d’Etat, qui a soutenu son pourvoi en cassation. Amilure fait dans cet article l’analyse du jugement. En l’occurrence, le Conseil d’Etat dont le rôle est normalement de juger de la seule application fidèle du droit, n’ayant pas trouvé à redire à l’arrêt de la cour administrative d’appel, a du s’exprimer sur le fond. Il a par ailleurs choisi, par un moyen technique peu usité, de boucler complètement l’affaire au moyen d’une deuxième chambre, empêchant l’association Amilure de recourir à l’appel à nouveau. La démarche est d’autant plus étonnante que la rapporteure de la cour avait donné raison à Amilure, et il est extrêmement rare que le Conseil d’Etat revienne sur les recommandations du rapporteur. Il faut voir là la main du ministère à qui la cour a voulu plaire, en faisant de la politique déguisée en droit, ce qui, de l’avis de nombreux juristes, relève du scandale. Notons que ce ministère, qui change de nom à chaque législature, est aujourd’hui intitulé « Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature » – alors qu’il ne défend que l’industrie. ![]() Parmi les inepties étayant ce jugement détestable et méprisant, on y lit que rien n’a jamais poussé sur ces terres – ce qui impliquerait que le permis de défrichement, et tout le temps passé par les forestiers sur site, relèveraient de la fiction. La forêt de cèdres Atlas n’aurait jamais existé, comme le prétendent du reste certains Crussiens en dépit des faits. Ce qui est remarquable ici c’est que des magistrats du Conseil d’Etat, parfaitement ignorants des enjeux, s’érigent en spécialistes de l’environnement, ne faisant aucun cas de l’abondante littérature pondue sur le sujet, notamment par le Conseil national de la protection de la nature qui avait émis un avis défavorable – que le préfet d’alors avait retourné. Au passage, cette jurisprudence vide complètement de sa substance la condition d’attribution de la dérogation espèces protégées concernant la recherche de site alternatif, dont elle était pourtant le pivot. En conclusion, le droit et l’écologie étaient en faveur d’Amilure et de tous les opposants à ce projet, mais la politique a eu le dernier mot. Ce n’était cependant qu’une bataille. La guerre de l’industrialisation de la montagne de Lure n’est pas perdue : les opérateurs ne proposent désormais plus de projets sur notre territoire naturel, de peur d’être confrontés à la résistance locale. A ce sujet, la centrale photovoltaïque d’Engie Green sur la zone humide du bois de Seygne, à Ongles, rejetée en appel en faveur d’Amilure, arrive aussi au conseil d’Etat. A suivre sur le site Web d’Amilure. A noter que, Cruis, seule commune des environs dotée d’un tel apport financier prétendu indispensable, ne se démarque absolument pas des autres par une démarche d’investissement exemplaire. Ce serait plutôt le contraire. |

Un grand merci pour votre formidable engagement au cours des six dernières années. Cruis citoyen a apporté une contribution importante à la vie démocratique à Cruis, un combat courageux en faveur de la transparence. Les articles offraient une lecture élégante, équilibrée, riche en faits et très bien documentée. Bravo et un grand MERCI. Au revoir
Merci pour toutes ces années, la qualité de vos textes et l’analyse aiguisée. Vous allez nous manquer.
Je ne suis pas toujours d’accord avec vous mais pour notre démocratie ça aurait été bien si vous restiez. Il y a personne pour reprendre le flambeau?
Merci pour cette franchise, et votre question est bonne : d’autres Crussiens qui gardent un œil critique sur notre commune (et il y en a) pourraient certainement assurer la continuité du site, mais il faut vouloir s’investir…