[reportage] Trouver refuge à Cruis

[reportage] Trouver refuge à Cruis

Photo : Sylvie et Patrick Fabre, et la belle Kouilou (gris du Gabon)

Si vous êtes tombé du nid, explosé en plein vol ou si vous avez fait la mauvaise rencontre avec le gros minet du coin, alors rien n’est perdu !!!! Car si vous avez la chance de rencontrer un passant au cœur généreux, il existe une terre d’accueil à Cruis pour oiseaux et petits mammifères blessés.

Elle se trouve chez Sylvie et Patrick Fabre, Chemin Saint-Jean. Ils recueillent au quotidien les animaux blessés. Ils sont formés et habilités pour faire les premiers soins, et organiser suivant le diagnostic un transport vers le CRSFS (Centre Régional de Sauvegarde de la Faune Sauvage) à Buoux, au milieu du massif du Luberon.

Ce centre est géré par la LPO PACA (Ligue pour la Protection des Oiseaux de la région PACA) et il appartient au Parc Naturel Régional du Luberon. Il a été créé en 1996, et sa mission est d’accueillir, soigner et réinsérer en milieu naturel la faune sauvage.

Le CRSFS recueille toutes les espèces d’oiseaux, sauf goéland et pigeon (arrêtés préfectoraux l’interdisant), ainsi que tous les petits mammifères (écureuil, hérisson, lapin, lièvre, etc…). En 2007, habitant alors le Vaucluse, Sylvie et Patrick ont travaillé en tant que bénévoles LPO et se sont d’abord formés aux soins des animaux blessés à ce centre. Ils ont aussi reçu une formation transporteur spécifique concernant la faune sauvage.

Installés à Cruis depuis 2012, ils peuvent accueillir des animaux en détresse avant d’organiser leur transfert en coordination avec Buoux.

Aussi, ils bénéficient d’une dérogation afin de garder en soin les animaux le temps de la stabilisation vitale de leur état, ou si la gravité ne nécessite pas un transfert. Pour les diagnostics et les soins, ils sont accompagnés par des vétérinaires bénévoles, tel le Docteur Bertrand, clinique Casanima à Château Arnoux, et la totalité de la belle équipe de la clinique Saint-Christophe à Dignes-les-Bains qui travaille gratuitement, et avec cœur.

Les animaux blessés sont dirigés chez Patrick et Sylvie par l’intermédiaire des vétos et du CRSFS qui informe les découvreurs des transporteurs les plus proches.

En parallèle, Sylvie et Patrick accueillent dans leurs grandes volières, des oiseaux exotiques, soit abandonnés, soit estropiés de la vie ou avec des propriétaires empêchés. C’est le cas de Kouilou, gris du Gabon qui a connu 4 foyers en 16 ans, et qui, avant d’arriver à Cruis, se trouvait chez une vieille dame malade…

Sylvie et Patrick racontent certaines des rencontres qu’ils ont faites dans ce contexte.

Le grand-duc

En 2018, un grand-duc a été pris au piège dans le filet de l’école de Cruis (qui sert à séparer l’espace jeu de l’école et à contenir les ballons). Alerté, Patrick a pu le décrocher.

Blessé aux pattes, et avec une aile luxée, il est parti en soin et convalescence durant un mois au centre de Buoux.

Quelque temps après, un soir entre chien et loup, un petit groupe convié par Sylvie et Patrick, dont les enfants de l’école, a eu la joie de vivre le relâcher du grand-duc à Montlaux, sur son territoire. Être à ce rendez-vous-là avec ce grand rapace tellement puissant qui est parti tel une fusée vers sa liberté et l’immensité a été pour nombre des participants un grand moment de poésie pure et d’initiation du vivant.

Respect.

Merlin le vautour

Ce vautour avait été trouvé à Malijai en septembre, gisant au pied d’un pylône.

On n’aurait pu penser qu’il avait été électrocuté, mais en fait il était victime d’une intoxication alimentaire, donc d’un empoisonnement.

Il est resté chez Sylvie et Patrick quelques jours à Cruis, le temps d’organiser le transport et l’accueil. Ensuite il est parti en soin au centre car très amaigri (7kg) et le poids de forme étant de 10.

Ce rapace était bagué car il avait fait partie de la campagne de réintroduction du vautour dans le Verdon par la LPO, expérience très réussie car ils sont à présent 250 couples.

Après les soins, il est parti en convalescence au-dessus du village de Rougon dans le Verdon où se trouvent d’immenses volières permettant une réadaptation progressive avant sa mise en liberté et grâce à ses congénères qui volent à proximité…

Et lors d’une belle journée ensoleillée de décembre (jour d’anniversaire de Sylvie), il a été relâché et baptisé Merlin…

L’autour des palombes

Comme tous les autours, l’autour des palombes est un rapace. Il en existe quelques individus dans un bois communal de Cruis.

Ce rapace venant d’un autre territoire a séjourné à Buoux, il était criblé de plombs (les petits points blancs sur la photo) :

Comme chacun sait, pourtant, les rapaces sont protégés en France (loi de 10 juillet 1976) et il est interdit de les chasser. Il aurait pu guérir de ses blessures car ses organes vitaux n’étaient pas touchés mais il est mort de saturnisme – c’est-à-dire d’un empoisonnement au plomb.

Aucun commentaire…

Motivation

Sylvie explique comment, avec Patrick, ils en sont venus là :

En 2004, mon poste d’assistante chorégraphique m’a amenée à travailler sur un spectacle comprenant 5 danseurs et des oiseaux apprivoisés (cigognes, corneilles, étourneaux, dindons, geais, pies et deux espèces de perruches), le tout pour des présentations en extérieur. L’implication a été dense (sans jeu de mots) sur tous les plans et j’ai abordé à la fois l’anatomie, les spécificités des espèces, les soins, l’alimentation… Patrick a suivi l’équipe tant pour l’entretien des volières, le bricolage que l’intendance.

En 2007, 4 trop jeunes martinets sont tombés sur notre terrasse et nous avons contacté le centre de soin de la faune sauvage de Buoux. Très intéressés par l’aspect « faune sauvage » et l’envie d’apprendre davantage, nous sommes devenus soigneurs bénévoles sur le site. Nous n’avons jamais cessé. Notre installation dans le 04 nous a conduits à devenir des relais essentiels sur le département.

Informations

CRSFS : 04 90 74 52 44 – http:/paca.lpo.fr/soins-animaux

Sylvie Fabre : 06 87 27 61 07

Si vous trouvez un animal blessé :

• l’urgence est de le mettre en sécurité, au chaud et de le déstresser ;
• le manipuler le moins possible ;
• lui donner à boire (sauf aux rapaces) ;
• ne vous pressez pas pour lui donner à manger, et surtout pas de lait ;
• contacter le centre ou un transporteur proche.

N’oubliez pas : la LPO a besoin de soutiens, de bénévoles et de dons (défiscalisés). Voir : www.lpo.fr

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gaetan challer
1 jour passé(e)(s)

Bonjour, voila une info qui me réjouis, merci beaucoup à Sylvie et Patrick.

Alain
25 jours passé(e)(s)

Joli ! Bravo à Sylvie et Patrick pour ces beaux gestes.
Merci à Cruis citoyen de me les faire découvrir.. .

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